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peinture & collages
Bio
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resonnance
Auroville
Avignon
Paris
Résonances 2008
Photos : D Bensussan
Artwork : Léonard
Auroville
Août 2008
Photos : Léonard
Avignon
Sept 2008
Photos : M-C Barsotti
Paris VI
Nov 2008
Photos : D Bensussan

Le projet Résonances est initié par Marie-Claire Barsotti, sculpteur, en 2008.

Genèse du projet : l’idée de départ de Marie-Claire Barsotti a d’abord été d’établir un lien entre son activité d’artiste et celle de thérapeute, puis naturellement elle a voulu  prolonger ce lien, en investissant le champ concret et symbolique.  Elle a demandé à des  artistes d’intervenir sur son œuvre,  de se l’approprier puis de la transformer. Le lâcher-prise de chacun sur son ego s’accompagne de la prise de conscience de la force des interactions dans un processus de création artistique, et du questionnement sur la notion d’œuvre originale à l’ère d’internet et des échanges. Le projet est  né à Paris lorsque  Marie-Claire Barsotti  a commencé à sculpter ses têtes, puis en résidence à Auroville (Inde) où elle va régulièrement. C’est dans ce lieu hautement symbolique qu’elle a demandé à des artistes, des artisans et des designers d’Auroville de donner « corps » dans le sens propre et figuré à son œuvre. Une vingtaine d’artistes ont déjà réalisé une pièce et une vingtaine sont en fabrication.

Description et réalisation : Marie-Claire Barsotti sculpte des archétypes de têtes qui s’imposent à ses mains, en « sculptures automatiques »,  directement sorties de son inconscient ou, peut-être, de l’inconscient collectif, chaque tête a un moule et devient de ce fait archétypale.  Elle demande ensuite à des artistes d’intervenir en « imaginant » un corps pour une tête ; chaque artiste choisissant la tête qui l’intéresse,  celle qui lui permet de se projeter. Dans la phase suivante,  chaque artiste est photographié avec son œuvre, photographie signée par Denis Ben Sussan, photographe et également thérapeuthe, pour faire le « portrait » intérieur du  « sujet » artiste. Le projet se décompose donc en trois phases : les têtes sculptées par Marie-Claire Barsotti, signées par elle (première phase), les transformations opérées par les artistes sur les têtes qui génèrent une autre œuvre (deuxième phase) et la photographie de l’artiste à côté de son oeuvre (troisième phase).  21 œuvres ont déjà été présentées lors de ses dernières expositions :Dans le processus suivant ,comme un rituel sacré, Marie-Claire Barsotti  a créé une installation en reliant les 21 œuvres des artistes : d’abord en hauteur (ciel) en les suspendant à un filet ; ensuite elle les a reliées au sol  avec un autre filet trempé dans la terre d’Auroville, cité internationale dont le but est de réaliser l’unité humaine. Un troisième lien est symbolisé par un fil de laiton qui relie horizontalement les œuvres, les liant cœur à cœur.
Dans une étape ultérieure, de grandes sculptures transparentes (2 mètres) seront réalisées par Marie-Claire Barsotti pour symboliser le dialogue avec les mondes invisibles et subtils.

Objectif du projet : Le premier objectif est de faire prendre conscience des liens parfois invisibles qui régissent les rapports entre les êtres. Solidaires plutôt que solitaires pourrait être une bonne phrase pour définir la philosophie de ce projet. Les participants ne se positionnent pas dans des rivalités et le pouvoir mais dans une dynamique de construction commune, l’intérêt de l’œuvre d’art venant de la richesse de cette unité dans la diversité.
Prise de conscience  également qu’ il est impossible d'agir concrètement et de manière "juste" sans avoir réalisé l’interdépendance des hommes entre eux, avec leur environnement, sans avoir compris que nous en faisons intégralement partie - jusqu'aux milliards de bactéries que nous hébergeons et sans qui nous ne pourrions vivre - Cela fait 40 ans que les scientifiques tentent d'expliquer ces notions complexes ,à travers la physique quantique par exemple...
 

Le deuxième objectif est de créer du lien entre les artistes.
Les résonances sont multiples : elle circulent entre  Marie-Claire Barsotti et les artistes qu’elles sollicite mais d’autres résonances interviennent, celles entre les  3 lieux concernés par ce projet : Paris, Auroville et Joigny, en Bourgogne, où Marie-Claire Barsotti travaille une partie de son temps. La participation d’acteurs de l’art et d’autres mécènes, souhaitant s’engager dans cet engagement porteur d’une dimension spirituelle et philosophique forte, générera bien évidemment d’autres résonances à caractère universel dans l’esprit d’Auroville. Les artistes participants seront « en lien » avec d’autres artistes, d’autres interlocuteurs, ce qui ne peut qu’être bénéfique dans un monde où la survie économique des artistes est  problématique.

Étapes et déroulement ; Le nombre d’artistes intervenant est fixé à 333. Il paraît difficile, dans un premier temps d’envisager un nombre d’artistes « illimité » si l’exposition doit circuler,d’autant plus que Marie-Claire Barsotti insiste sur l’aspect évolutif et ouvert de son concept. Une exposition itinérante peut être envisagée à Paris, Auroville et Joigny pour commencer. Tout dépend des financements et des partenaires souhaitant s’impliquer. La loi sur le mécénat et les incitations fiscales peuvent être des facteurs déterminants.

Philosophie : « Tout est dans tout » disait le philosophe Pascal. Ce projet artistique, humain, social parle de la prise de conscience de la symbolique du lien censée dénouer les nœuds qui empêchent les énergies positives de circuler.
Une autre dimension forte est de choisir de partir de l’expérimentation sur le terrain, en privilégiant l’empirisme qui accompagne la naissance d’une œuvre d’art : ici, en l’occurrence, un artiste intervient sur la matière d’un autre artiste, s’immisce dans son univers, pour créer une « autre œuvre » qui prend ses racines dans le corpus d’un autre artiste.  Deux œuvres existent : la sculpture de Marie-Claire Barsotti et ce qu’elle devient par le regard et le travail d’un autre artiste. Une troisième œuvre, tel un fil invisible relie toutes les œuvres, c’est le lien invisible entre les êtres et ce qui le nourrit, un morceau de terre, un regard, une projection, un processus où ce qui est physique et spirituel se rejoignent pour créer « autre chose ». 

« Le concept de Maire-Claire Barsotti qui mène à terme l’enchevêtrement des forces souterraines qui animent la puissance créatrice de l’artiste, est aussi innovant (il récuse l’ego de l’artiste) que le furent les théories du philosophe Hume en son temps lorsqu’il mit à mal les théories philosophiques en vogue, par son travail sur l’empirisme. »
Brigitte Camus
Critique d’art

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