Résonances

Le projet Résonances est initié par Marie-Claire Barsotti en 2008.

 

Genèse du projet : l’idée de départ de MCB a d’abord été d’établir un lien entre son activité d’artiste et celle de thérapeute, puis naturellement elle a voulu  prolonger ce lien, en investissant le champ concret et symbolique.  Elle a demandé à des artistes d’intervenir sur son œuvre, de se l’approprier puis de la transformer. Le lâcher-prise de chacun sur son ego s’accompagne de la prise de conscience de la force des interactions dans un processus de création artistique, et du questionnement sur la notion d’œuvre originale à l’ère d’internet et des échanges. Le projet est né à Paris lorsque Marie-Claire Barsotti a commencé à sculpter ses têtes, puis à Auroville (Inde). C’est dans ce lieu hautement symbolique qu’elle a demandé à des artistes, des artisans et des designers d’Auroville de donner « corps » dans le sens propre et figuré à son œuvre. Une vingtaine d’artistes ont alors réalisé une pièce.

 

Description et réalisation : Marie-Claire Barsotti sculpte des archétypes de têtes qui s’imposent à ses mains, en « sculpture automatique ».  Directement sorties de son inconscient ou, peut-être, de l’inconscient collectif, chaque tête a un moule et devient de ce fait archétypale.  Elle demande ensuite à des artistes d’intervenir en « imaginant » un corps pour une tête ; chaque artiste choisissant la tête qui l’intéresse,  celle qui lui permet de se projeter. Dans la phase suivante,  chaque artiste est photographié avec son œuvre, photographie signée par Denis Ben Sussan, photographe et également thérapeuthe, pour faire le « portrait » intérieur du  « sujet » artiste.

Le projet se décompose donc en trois phases : les têtes sculptées par Marie-Claire Barsotti, signées par elle (première phase), les transformations opérées par les artistes sur les têtes qui génèrent une autre œuvre (deuxième phase) et la photographie de l’artiste à côté de son oeuvre (troisième phase).  21 œuvres ont déjà été présentées lors de ses dernières expositions. Dans le processus suivant, comme un rituel sacré, Marie-Claire Barsotti a créé une installation en reliant les 21 œuvres des artistes : d’abord en hauteur (ciel) en les suspendant à un filet ; ensuite elle les a reliées au sol  avec un autre filet trempé dans la terre d’Auroville, cité internationale dont le but est de réaliser l’unité humaine. Un troisième lien est symbolisé par un fil doré qui relie horizontalement les œuvres, les liant cœur à cœur.

 

Objectif du projet : Le premier objectif est de faire prendre conscience des liens parfois invisibles qui régissent les rapports entre les êtres. Solidaires plutôt que solitaires pourrait être une bonne phrase pour définir la philosophie de ce projet. Les participants ne se positionnent pas dans des rivalités et le pouvoir mais dans une dynamique de construction commune, l’intérêt de l’œuvre d’art venant de la richesse de cette unité dans la diversité. Prise de conscience également qu’il est impossible d'agir concrètement et de manière "juste" sans avoir réalisé l’interdépendance des hommes entre eux, avec leur environnement, sans avoir compris que nous en faisons intégralement partie - jusqu'aux milliards de bactéries que nous hébergeons et sans qui nous ne pourrions vivre. Cela fait 40 ans que les scientifiques tentent d'expliquer ces notions complexes, à travers la physique quantique par exemple...

 

Le deuxième objectif est de créer du lien entre les artistes.
Les résonances sont multiples : elle circulent entre Marie-Claire Barsotti et les artistes qu’elle sollicite mais d’autres résonances interviennent, celles entre les 3 lieux concernés par ce projet : Paris, Auroville et Joigny, en Bourgogne, où Marie-Claire Barsotti travaille une partie de son temps. Ainsi, des artistes extérieurs à Auroville ont rejoint le projet dans un second temps, pour l'enrichir avec de nouvelles oeuvres.

« Le concept de Maire-Claire Barsotti qui mène à terme l’enchevêtrement des forces souterraines qui animent la puissance créatrice de l’artiste, est aussi innovant (il récuse l’ego de l’artiste) que le furent les théories du philosophe Hume en son temps lorsqu’il mit à mal les théories philosophiques en vogue, par son travail sur l’empirisme. »  Brigitte Camus, critique d’art

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Expositions  (sélection de photos)